Technique & Innovation

Drones autonomes sur un IMOCA : Pourquoi la technologie n'est pas encore viable ?

Analyse d'une technologie qui, malgré les promesses, se heurte encore à la réalité brutale de la course au large en solitaire.

Drone sur un IMOCA

Le drone autonome en solitaire : pourquoi la technologie n'est pas encore prête ?

Analyse d'une technologie qui, malgré les promesses, se heurte encore à la réalité brutale de la course au large en solitaire.

Sur les dernières éditions du Vendée Globe, plusieurs projets de drones autonomes ont été lancés avec l'espoir de simplifier la captation d'images pour les skippers. Pourtant, aucun n'a véritablement abouti. En l'état actuel de la technologie de production d'images en mer, nous estimons que cette solution n'est pas encore viable pour la navigation offshore engagée.

Le défi critique : Décollage et récupération

Le problème ne vient pas du vol en lui-même (les systèmes de "Follow-me" sont aujourd'hui très performants), mais des deux phases critiques : le décollage et surtout l’atterrissage.

Aujourd'hui, même pour les opérateurs les plus aguerris, la seule méthode fiable pour sécuriser un appareil en mer consiste à récupérer le drone à la main (le "catch"). Cela demande une analyse humaine permanente pour :

L'IMOCA : Un environnement hostile pour l'automatisme

Un système autonome repose sur une promesse simple : une plateforme d'atterrissage. Mais pour qu'un automate fonctionne, il lui faut une zone stable, prévisible et au sec.

Sur un IMOCA lancé à pleine vitesse dans la mer formée, cette zone n'existe tout simplement pas. Vouloir automatiser cette tâche aujourd'hui, c'est ignorer la réalité de l'environnement humide et violent de ces bateaux de course.

"Vouloir automatiser cette tâche aujourd'hui, c'est ignorer la réalité de l'environnement humide et violent de ces bateaux de course."

La solution actuelle : La formation au pilotage

Plutôt que d'attendre un système autonome qui risque de finir à l'eau dès la première manœuvre musclée, nous conseillons aux skippers d'investir dans leur propre formation au pilotage.

C'est aujourd'hui la meilleure stratégie pour assurer ses propres images du bord. Le pilotage manuel reste la seule réponse agile face à l'imprévisibilité de l'océan et aux contraintes spécifiques de la course au large.

Conclusion

L'autonomie totale reste un objectif séduisant, mais le "sens marin" numérique n'est pas encore au niveau des exigences d'un tour du monde. L'expertise de polaRYSE consiste aussi à savoir dire quand une technologie n'est pas encore prête pour le terrain.

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